cour de l’archevêché

« Arles manque de cohérence.

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Venu de la belle place de la République, passé sous le majestueux archevêché pour rejoindre le cloître de Saint-Trophime, le promeneur empruntera un des rares itinéraires arlésiens épargnés par le débordement des offres commerciales.

Là, s’il n’est pas assez familier des lieux pour regretter l’ombre des sophoras qui permettaient jadis de venir lire dans cette grande cour si calme et à la fois si proche de l’agitation de la ville, il profitera s’il est attentif, d’un des plus surprenants mélanges d’histoire et d’architecture.

Pendant mille ans, les évêques d’Arles imposèrent à ce lieu chacun une vision personnelle, une campagne de travaux.
Le résultat, si l’on prend le temps de le lire, ce n’est plus le palimpseste habituel des façades de cette ville, que l’observateur patient déchiffre aisément.

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Là, c’est un cours d’archéologies que l’on prend, dans l’enchevêtrement des formes, la diversité des appareils de pierre, la superposition des usages.

Une porte ogivale ouvre sur le vide, à dix mètres du sol ; six arcs distincts couvrent la même baie, cachée à moitié par un contrefort ; une fenêtre classique perce un appareillage roman…
Ce mélange ne semblait pouvoir produire qu’une cacophonie, c’est pourtant un chœur puissant qui va s’en dégager, ample, serein.

Comment fonctionne, partout dans cette ville, la primauté de l’ensemble sur le disparate, voilà un mystère qu’il faut se garder de dissiper, s’il était possible d’y parvenir.
Cette ville sait trouver le ciment qui lie et fédère, agglomère à son tour la nouvelle construction, si elle est digne d’elle.

Cette cohérence, c’est Arles ». 

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publié le lundi 17 novembre 2014

© 2014 Anne Eliayan – Toute reproduction interdite – Tous droits réservés.

 

 

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