Les pieux du cirque

Les pieux du cirque

 

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450 mètres de long pour 101 de large, des murs massifs supportant la lourde cavea qui soutient les gradins de pierre, la spina surmontée d’un obélisque de granit de 15 mètres de  haut, tout cela ne serait pas solidement fondé jusqu’à la roche-mère ?
Cette formidable masse de pierre flotterait, en quelque sorte, sur les vases du Rhône, pas mieux étayée qu’une cabane de gardian, qu’une tente de camping, sur de simples piquets de bois enfoncés dans la boue ?
Les pieux du cirque texte de Jean-Marc Bernard pour Arles Gallery photo Anne Eliayan

Si la méthode peut paraître prosaïque ainsi présentée, la virtuosité de la construction antique nous est à nouveau révélée dès que l’on considère les moyens employés.
C’est une forêt de chênes adultes qui est enfouie sous ces pierres, plus de trente mille arbres abattus, mis en forme, acheminés, patiemment enfoncés au mouton, puis finalement sciés à la bonne hauteur.

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 La masse qu’ils soutenaient a maintenant cessé d’être aussi pesante : le bâtiment a été arasé, la pierre a servi à d’autres constructions.
On aperçoit parfois, sur le niveau que le pillage des matériaux a révélé, des traces curieuses : c’est l’empreinte laissée dans le mortier frais, d’une semelle cloutée, unique témoignage, sans doute, de l’existence d’un ouvrier, un des hommes sans nom qui, il y a près de vingt siècles, construisaient cette structure.

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Publié le 23 janvier 2015

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