Le jardin de pierre

Nous voilà donc dans une enclave hors de la ville et de notre temps, où l’esprit se plait à replacer les décors, à entendre même les clameurs de la foule, les rires.

Et c’est là, assis sous le figuier familier des ruines, que la vérité nous apparaît.
Partout gravés dans les pierres, ce ne sont que troncs, vrilles, feuilles, pampres, chatons, stolons.

pavot xs

La part du minéral, qui semblait totale, s’amenuise au profit de sa référence.
Derrière la ville figurée, c’est la forêt qui apparaît.
La rigueur humaine disparaît pour céder à celle – plus grande, plus parfaite, de l’infiniment petit au planétaire voire à l’universel, moins naïve et évidente – de l’ordre naturel.
Cette architecture, qui fut la source de toutes les autres, au moins de toutes les nôtres, puise sa seule inspiration dans les formes observées dans la nature. Qui ne saura observer arbres, bêtes, roches et plantes restera à jamais ignorant du message qu’elle délivre.
Comme le voyageur qui apprit dans ses périples qu’il ne verra jamais rien de plus passionnant que ce qu’il apercevait du seuil de la maison de son père, mais qui, pour savoir cela, avait dû faire le tour de la terre, c’est une promenade dans les bois qui nous donnera la plus complète et la plus sensible leçon d’architecture.

autographe jm 1 5x3

fleurs du jardin de pierre théâtre antique Arles Gallery galerie de photos Anne Eliayan

 Publié le mardi 25 novembre 2014

© 2014 Anne Eliayan – Toute reproduction interdite – Tous droits réservés.

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *