rencontres de la photographie 2016 Arles Gallery

Rencontres au hasard Balthazar.

Pendant que quelques galeries montrent des minous, Arles Gallery photographie des milous.

Mauvaises Herbes


vague verte

Mauvaises Herbes

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Parce qu’il cherchait, par tous moyens, à collaborer à la mise en ordre du monde, le maçon dressa des parois verticales, qu’il voulut garder nues.Le végétal, banni des constructions de pierre, fut cantonné au champ, au jardin, au parc, bien loin du joyeux fouillis qu’organise la Nature, dont la logique ne s’entend que dans la confusion, l’entremêlement, la combinaison.

Là régnerait sans partage le minéral, et l’assemblage parfait des blocs savamment assisés, le patient calfeutrement des joints par le mortier de sable et de chaux, tout serait mis en œuvre pour que la falaise artificielle n’offre aucun refuge à la graine qui pourrait se déposer sur une anfractuosité, puis plonger des racines dans le tréfonds du mur, recherchant l’humidité qu’elle sait y trouver.

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L’œuvre des hommes s’élevait alors, rare, dans l’enchevêtrement de forêts et de savanes qu’était alors la Terre, rayé seulement de quelques sentiers qu’une averse effaçait, troué de clairières équarries qui tentaient de mériter le titre de champs.journal-oranges-alyscamps-arles

Passeraient les ères, s’aboliraient les empires, et la maigre colonie humaine, développée jusqu’au grouillement, se sera rendue maîtresse de la totalité de la planète, revendiquant son droit de propriétaire jusqu’aux steppes glaciales, jusqu’aux déserts brûlants. Il n’y eut plus d’espace qui fût laissé à sa seule vocation d’exister, théâtre sans spectateurs du cycle des saisons et de l’éternité de la vie.
L’espace compté, pesé et divisé ne valut plus que pour l’espoir d’un rapport.
Les doigts crochus n’accrochèrent plus que d’autres doigts, pareillement crispés à ramener vers eux des possessions. Le monde libre, infini, n’existait plus, et le cadastre couvrait tout le territoire que pouvait explorer les jeunes gens aventureux.

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Puis vinrent les temps, plus insensés encore, pendant lesquels s’oublia jusqu’à la valeur de la terre, où disparurent sous le goudron les champs qui avaient nourri cent générations de nos ancêtres. Ce qui fut une campagne, moissons et fenaisons, couverte d’un noir épiderme de bitume, se hérissa d’entrepôts, structures de métal, peaux de plastique, laides maisons pour abriter les pacotilles que pourrait acquérir notre pauvre argent, dans notre monde de pauvres gens.

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Car oui, alourdis de possessions, nous étions devenus pauvres; obèses mais pauvres.
Le doux bocage, pacte immémorial d’alliance entre la profuse générosité de la Nature et l’Homme aux besoins essentiels, recule partout, et nous parvenons à enlaidir jusqu’aux champs qui nous nourrissent encore, paysage béant d’où la monoculture a banni tout mystère.
Notre rage à faire disparaître tout ce qui nous rappelle la fragilité du contrat qui nous lie à la planète qui nous héberge s’exerce jusqu’aux sommets de nos plus hautes montagnes, traquant les derniers ours, chassant les derniers loups.

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Quand, ivres de destructions et de carnages, nous retournerons aux cœurs de nos villes, nous verrons avec surprise qu’une humble mousse s’est établie sur les plus antiques de nos constructions, celles dont nous espérions que leur ancienneté soit la garantie qu’un avenir plausible existe pour nous.

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Obstinément, et quelles qu’aient été les précautions prises, la vie organique s’installe à nouveau sur cette minéralité d’où nous avions cru pouvoir la bannir.

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Pariétaires, ruines de Rome, sedums et lilas d’Espagne nous révèlent la fragilité d’une construction quand nous n’avions pas encore aperçu le plus petite fissure, l’interstice le plus ténu. Faciles à arracher, il repousseront aux mêmes emplacements, ou bien juste à côté.

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Le sage saura lire dans cette obstination un exemple qui accepte Sisyphe comme incarnation du mythe universel de la condition humaine, et délivre un message qui nous alerte autant qu’il nous laisse espérer.

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Il dit que le modèle est déjà prêt du monde qui remplacera celui qui nous avait si doucement accueillis, quand notre folie nous aura mené si loin qu’elle y aura rendu notre vie impossible.

printemps-sur-une-fenetre-arles-galleryIl dit aussi que, si nous arrivions à cesser de rager sur notre impuissance ou de la nier, une voie nous est offerte, abandonnant l’esprit de conquête, refusant le combat, à rechercher dans l’alliance avec les forces de la Nature une harmonie suave et puissante, qui intègre l’Humain au sein d’un vaste chœur.
autographe jm 2

3 mars 2016

vague verte

© 2016 Anne Eliayan – Toute reproduction interdite – Tous droits réservés.

suivez le GUID

arles-gallery-20151008-GUIDJeudi 8 octobre 2015

J’assiste, dans la cour de l’espace Van Gogh, pour la 2ème année consécutive, à la chorégraphie de la Compagnie Preljocaj. Cette compagnie a été créée en 1984.

Le GUID (comprenez le Groupe Urbain d’Intervention Dansée) composé de ses meilleurs danseurs se produit dans des espaces urbains publics pour faire découvrir la danse contemporaine au plus grand nombre.

Les danseurs particulièrement aguerris à ces performances très particulières portent aussi le choix d’une proximité avec le public. D’ailleurs, c’est assez sympa, un jeu de question-réponses entre les spectateurs et les danseurs clôture la performance.

Je suis à nouveau soufflée par l’énergie, l’harmonie et la grâce qui émane de cet ensemble.

Je vous laisse regarder les photos. Comme on dit jamais 2 sans 3… Je serai là l’année prochaine et j’espère que eux aussi.

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© 2015 Anne Eliayan – Toute reproduction interdite – Tous droits réservés.

 

Si vous voulez voir d’autres photos de l’expédition « lune »

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Avec l’aimable participation de la lune et des nuages qui ont bien voulu partir pour nous laisser regarder ainsi que la contribution d’Edwige Mongne, Saïd Fahim et  Claude Sportis.

La prochaine est en 2033 …

et aussi :

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Place Voltaire, vous voulez d’autres photos ?

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Faites lui un peu de place dans votre espace à cette petite Place ! (oui bof pour la rime… je suis d’accord)

Et puis un petit délire, de ceux qui me passent régulièrement dans la tête !!

Et très sérieusement je note à nouveau ici pour la postérité le digest de l’histoire de cette jolie place :

A l’endroit où se trouve aujourd’hui la place Voltaire il y avait, du temps des romains, un arc de triomphe mais on n’en aurait aucune représentation.

La place se trouvait au moyen âge au centre du « bourg-neuf » et était le lieu où l’on trouvait l’un des 15 hôpitaux de la ville.
Cette place aura de nombreux noms : Place de Le Pelletier (un révolutionnaire qui avait voté la mort de louis 16), puis est rebaptisée place du Saint-Esprit en référence à l’hôpital du même nom.
En 1901 la place s’appelle Voltaire.
En 1944 elle se trouve juste à la limite des bombardements. c’est vraiment très visible car d’un côté il y a des bâtiments récents (comme l’hôtel Voltaire par exemple) et de l’autre côté, les maisons sont très anciennes (par exemple le siège du parti communiste).
Et puis, pour les amoureux des belles phrases, rappelez vous, Jean-Marc Bernard m’avait passé un texte que j’avais illustré il y a quelques mois de cela.
Si vous voulez y accéder et bien c’est simple, cliquez ici :lien-pour-textejm

Today ,you can see the Voltaire Square and on this spot, was, during the Roman periods an Arch of Triumph .
During the Middle Ages, the square was in the center of the « bourg-neuf » and was one of the fifteen hospitals of the city.   This square will have many names : Le Pelletier Square ( a revolutionary man who had voted Louis XVI  death), then she was renamed Place of the « Saint-Esprit » in reference to the namesake of the hospital.

In 1901 the Square named Voltaire .   

In 1944 the Square is just on the verge of bombardments . It was very much apparent because on one side there are recent buildings (for instance the Voltaire hôtel )and on the other side    houses are very old ( for instance the Headquarters of the Communist Party).        

At first, I discovered the place in the reflection of the borders which limit it . It was so funny to see the deformed buildings !  Try, you are going to see it is very interesting! 

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Léproserie arlésienne

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Encore,

Et me voilà encore une fois partie vers la léproserie, oui je sais, je tourne en boucle et ce n’est même pas mon quartier allez comprendre ! L’occasion était trop belle : alors que je passais en vélo, un portail -habituellement fermé- laissé ouvert un instant et me voilà qui m’engouffre dans un espace non encore exploré. Je n’avais jamais vu la léproserie d’aussi près. Et un petit coucou au café mitoyen « chez Valette » au passage.

And here I am, once again on the road to the Léproserie, yes I know, I go round and round and even if it is not my district, who knows! The situation was irresistible: I was riding my bike up,in front of an usually closed gate and what a surprise to see the gate opened , I rush into a not yet explored space. I was amazed that I could get so close to the Léproserie. And I bid the boss of the adjoining bar « Chez Valette ».

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Les rencontres : trois petits tours et puis s’en vont…

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Les rencontres 2015 : mes dernières photos.

Dimanche 20 septembre, dernier jour pour voir les ateliers. Donc, j’y cours. Encore cette année le cadre et l’accrochage sont impeccables. Des photos superbes mais d’autres qui me plaisent moins forcément. Je dis bonjour à des retardataires arlésiens comme moi, et, par hasard, je croise Christophe Kay, illustrateur-explorateur. Il attire mon attention sur une porte qui selon lui pourrait bien ouvrir sur la 4ème dimension… celle de l’imagination.

The meetings : three small tours and then go away …My last pictures.

On Sunday september 20th, it was the last day to see workshops or studios.
Thus,I run there. Still this year ,frame and hanging are great.
I saw a lot of gorgeous images and some less interesting .
I say hello to the arlesian latecomers as me , by chance I met Christophe kay ,illustrator- explorer. He draws my attention on a door which according to him , could well open on the fourth dimension , dimension of the IMAGINATION.

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L’amour le temps d’un tango argentin

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Tango !

J’avais revu récemment le film « le bal » d’Ettore Scola (oui, sur youtube vous pouvez le trouver).Et ça m’a replongé dedans.

J’ai surtout voulu capter les sentiments des danseurs sans jamais montrer leurs visages.

Love,the time of an Argentine Tango
It also reminds me of a movie I re-watched recently : « Balando » of Ettore Scola (yes you can find it on You Tube) I love this fanfastic movie.
I especially wanted to get the feelings of the dancers without ever showing their faces.

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